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Les Mazarinades au colloque « Mazarin, Rome et l’Italie » / Paris, 11-13 mai 2017

La Bibliothèque Mazarine et l’École des chartes accueilleront les 11, 12 et 13 mai 2017 le colloque « Mazarin, Rome et l’Italie », proposé par Yvan Loskoutoff (Université du Havre) et Yann Sordet (Bibliothèque Mazarine).

Le programme, disponible ici, propose un large panorama d’études, au sein duquel les Mazarinades auront leur place :

Patrick Rebollar (Université Nanzan, Japon), « Mazarin et l’Italie au miroir (déformant ?) des mazarinades », le 12 mai, 14h40-15h20, École des chartes (65, rue de Richelieu).

Ce document est le support de la communication ; celle-ci sera publiée ultérieurement par les organisateurs.

Informations utiles pour cette intervention :

Historique abrégé du Projet Mazarinades :

  • 2010 : début du projet, basé sur la thèse de doctorat de Mme Tadako Ichimaru soutenue en 2006, à partir de la collection de mazarinades acquise par la bibliothèque de l’Université de Tokyo en 1978.
  • 2011 : mise en ligne du corpus après numérisation, transcription du corpus et ingénierie du site mazarinades.org.
  • 2011-2013 : complément de métadonnées (lieu, imprimeur, année, pages, notices Moreau, etc.).
  • 2014 : première utilisation scientifique officielle, à Bordeaux, journée d’étude sur les Mazarinades organisée par M. Tsimbidy.
  • 2015, juin : première association officielle à une manifestation scientifique, colloque Mazarinades, nouvelles approches, à la Mazarine & à l’Arsenal.
  • 2016, novembre : première manifestation scientifique officiellement consacrée à l’exploration du corpus du Projet Mazarinades, colloque L’exploration des Mazarinades, à l’Université de Tokyo.

Quelques chiffres sur le corpus en ligne des Mazarinades :

  • CORPUS
    • Nombre de signes (ou caractères), total tout compris : 49,9 millions ; dont 1,7 millions de signes de métadonnées : soit environ 48,17 millions de signes pour les textes eux-mêmes, qui sont datés ou datables des années 1648 à 1653.
  • CATALOGUE
    • Nombre de pièces (dites Mazarinades) dans le corpus en ligne : 2709. Mais environ 2322 titres différents (certaines pièces sont en double, triple, etc.).
  • LEXIQUE
    • Nombre de mots dans les titres : 64 400.
    • Nombre de mots, au total dans le corpus (métadonnées incluses) : 6,97 millions.
    • Nombre de mots dans les pièces : environ 6,83 millions.

Mazarin dans le corpus :

  • Recherche lexicale du nom « Mazarin » : 9312 occurrences.
  • Requête « maza.* » : 11314 occ. (dont mazarine, mazariniste, mazarini(c)que, etc.)
  • Pour comparaison :
    • requête « condE » : 1669 occ.
    • requête « retz|gondi|coadj.* » : 658 occ.
    • requête « long[u-v]e[u-v]ille » : 656 occ.
    • requête « reyne|Reine REgente » : 820 occ. (distance max. : 7 mots)
    • requête « nOtre|nostre roi|roy » : 534 occ. (distance max. : 4 mots)

En ce qui concerne l’Italie, requêtes :

Recherche de co-occurrences :

  • requête « mazari.*|cardina.* rome|itali.* » (distance max. de 5 mots) : 84 occ.
  • requête « mazari.*|cardina.* sicil.* » (distance max. de 5 mots) : 46 occ.
  • requête « mazari.* estranger|estrangers » (distance max. de 5 mots) : 65 occ.
  • requête « barberin.*|barbarin.* » ou « barb[a-e]rin.* » : 66 occ. (la totalité de ces occurrences se réfère directement à Mazarin).
  • requête « vrbain 8|VIII » (Maffeo Barberini) : 14 occ.

Quatre citations commentées :

  1. « le nommé Iules Mazarin de nation Italienne » (1649, M0_345)
  2. « Cvr Theatinorum sectam Mazarine vocasti Sedibus ex Italis? cognita causa mihi est Nempe quòd Italici Doctores crimina largo Expendunt cribro, secta probata tibi est. Quæ nostri Phlegethontæis addicunt faucibus, illi Peccadilla vocant vix memoranda aliis. » (1649, M0_1168) Ce qui peut se traduire ainsi : « Pourquoi, Mazarin, as-tu fait venir la secte des Théatins de ses territoires italiens ? J’en connais la raison : c’est parce que les docteurs italiens mesurent les crimes avec un large crible que la secte est pour toi excellente, n’est-ce pas ? Ce que les nôtres vouent aux gorges du Phlégéton (fleuve des Enfers), ils les appellent des peccadilles à peine dignes d’être rappelées aux autres. » (trad. Th. Maré)
  3. « le Cardinal Mazarin par vne trahison Italienne a changé vn Sacrifice de loüange en vn Sacrifice sanglant » (1649, M0_1796)
  4. « Sçachez qu’il est temps de vous desabuser ; que la Reyne est Espagnolle ; que le Mazarin est Italien, & que Messieurs les Princes sont les Enfans de la maison Royalle » (1652, M0_1012)

Sous-corpus de pièces reliées à la recherche « Mazarin / Italie » :

1649 :

A_2_16 : Le Solitaire [signé] = Arnauld d’Andilly, Robert, ADVIS D’ESTAT A LA REYNE, SUR LE GOUUERNEMENT DE SA REGENCE [?], M0_498, 30 p. « Italie », 19 occ. dont :

  1. « toute l’Italie l’a publié » (partie souligné présente 3 fois dans le texte),
  2. « Les Princes d’Italie, dont le moindre n’auroit pas voulu se seruir de luy pour Intendant de ses affaires domestiques »,
  3. « Que V. M. renuoye le Cardinal Mazarin en Italie, où il a fait transporter plusieurs millions de vos Finances, & de celles de vos peuples ; qu’il ioüisse des delices & des voluptez aux despens de la France, de laquelle il a tant tiré de sang & de larmes pendant son ministere. »
  4. Richelieu […] « ayant peruerty & renuersé la forme ancienne du gouuernement, & changé les maximes de la Monarchie legitime en celles de la tyrannie, pour se conseruer dans son vsurpation. […] & qu’ainsi toutes choses dépendant du caprice & des mouuemens de ce premier Ministre, il n’estoit plus necessaire de sçauoir les loix & maximes fondamentales de l’Estat ; Qu’vn estranger, fut-il Italien, fut-il Arabe ou Turc, estoit assez fort pour soustenir le faix d’vne telle charge. Mais quoy qu’il en soit, il n’a eu pour visée que la manutention des siens en establissant le Cardinal Mazarin. »

A_3_14 : Anonyme, L’AMBITIEVX OV LE PORTRAICT D’ÆLIVS SEIANVS EN LA PERSONNE DV CARDINAL MAZARIN, M0_73, 7 p.

  1. Comparaison sur une quinzaine de points entre Séjan, officier supérieur de l’empereur Tibère, au début de l’ère chrétienne, et Mazarin qui, « dans vn temps de resiouïssance populaire[,] faict enleuer le Roy hors de son Palais Royal » (5-6 janvier 1649).
  2. « Si Tibere a en plein Senat appellé Sejanus le compagnon de ses labeurs : Mazarin par vn orgueil insupportable a non seulement voulu se comparer auec sa Majesté Tres-Chrestienne, mais encore se rendre maistre de sa personne sacrée. »
  3. « Si Sejanus enuieux a fait empoisonner Germanicus en Esclauonie, à cause de la bien-veillance que les habitans de Rome luy portoient : Mazarin a bien fait pis, pour vn en ayant fait mourir des miliers par des boucons, & entr’autres feu
    Monsieur le President Barillon, digne d’eternelle memoire. »
  4. Pour l’auteur anonyme, « Ceux qui ont leu l’Histoire Romaine sçauent que Sejanus fut tellement effronté que d’attenter à la personne de Drusus fils de Tibere », ce qui permet donc de dire que « Mazarin n’en auroit pas moins fait s’il auoit rencontré de pareils euenemens ».

A_5_29 : Anonyme, LETTRE DV CHEVALIER GEORGES DE PARIS. A MONSEIGNEVR LE PRINCE DE CONDÉ, M0_2099, 18 p. (« Itali.* » = 3 occ. ; « Rome » = 1, « romain » = 4, sans intérêt ; « Sicil.* » = 9 occ. : « traistre Sicilien », « l’Empire du Sicilien », « dernier homme de la plus basse populace de Sicile », « la malice du Sicilien », « Iule Mazarin Sicilien, & ennemy originaire de la France »)

  1. Selon ce chevalier qui propose des nouvelles de première main, la cause de la malfaisance et de la « domination tyrannique de Iule Mazarin » (p. 4), semble bien être son extraction modeste, sur laquelle Mazarin aurait menti :
  2. « Ie connois son pays, & la Sicile mesme qui ne l’aduoüe que pour nostre honte, m’a fait sçauoir son origine chez vn cabaretier de ses parens en la ville de Palerme, à mon retour de Malte. I’y sceus la banqueroute de son pere qui estoit chapelier & boutonnier de son mestier, & comme il se retira à Rome où le p. Iulio Mazarini Iesuite son frere le mit en condition. Il y vola beaucoup pour amasser vn peu de bien : il y maria quelques filles, & mist son fils aupres du Connestable Colone. De-là il passa au seruice du Cardinal Antonio Barberin, & n’y eut pas le rang que l’on eut donné â celuy que l’on eut creu deuoir vn iour pretendre de s’allier auec cette maison. Il s’y signala par ses débauches, & fut l’intendant des plaisirs deshonnestes de la Cour Romaine. » (p. 6)
  3. Ce récit vient infirmer celui que le chevalier Georges prêtait à Mazarin lui-même en attribuant « à ses ayeux tout ce qui s’est pû faire de notable par les habitans de Mazarini en Sicile, dont les Seigneurs & Comtes que i’ay veus ; & qui se surnomment Branciforté le desaduouënt de l’affinité qu’il a voulu faire auec eux » (p. 9) [On trouve trace de ces Branciforti dans Della Sicilia Nobile… Parte Terza, 1759, mais pas dans d’autres Mazarinades.]
  4. Il est ensuite question d’un neuveu du Pape qui « fut assassiné par le ministere de Mazarin : qui suiuant la bonne coustume de son pays ne pouuoit souffrir viuant aucun de tous ses ennemis » (p. 6) – où l’assassinat politique est décrit comme une « bonne coutume » de l’Italie, sans doute depuis l’Antiquité.
  5. « Depuis il continua dans le libertinage, & donna au ieu & aux intrigues le reste de son temps. C’est ce qui le fit connoistre, & qui le fit rebuter du seruice d’Espagne par les Ministres du Roy Catholique, qui ne trouuoient en luy n’y vertu, ny sincerité, ny capacité, pour seruir dans les employs qu’il briguoit. » (p. 7)
  6. « la Regence d’auiourd’huy, que l’on peut appeller l’interregne des François, & l’Empire du Sicilien » (p. 7)

C_5_73 : Anonyme, LA IVSTIFICATION DV PARLEMENT ET DE LA VILLE DE PARIS DANS LA PRISE DES ARMES ; CONTRE L’OPPRESSION & TYRANNIE DU CARDINAL MAZARIN, M0_1796, 19 p.

  1. Le Parlement « ne peut auoir d’autres interests que celuy du Roy & de la France » (p. 19), se justifie contre Mazarin ainsi que contre « les Partizans, ces oyseaux de proye, ces tyrans du Peuple » (p. 18).
  2. « trahison italienne » (p. 12)
  3. « C’est par ces raisons que le Parlement & le Preuost des Marchands & Escheuins de la Ville de Paris maintiennent, soustiennent & iustifient leur deffence dans la prise des Armes, […] contre les mauuais & pernicieux desseins du Cardinal Mazarin, Italien Sicilien, né subjet naturel du Roy d’Espagne, lequel abusant du nom & de l’authorité de la Reyne Regente, se sert de la plume & du sceau du Roy, de ses Finances & de ses trouppes, pour opprimer sans cause, sans suiet, ny raison legitime la liberté du Parlement & de la Ville de Paris »
  4. « Et auparauant le regne du deffunct Roy les peuples n’ont iamais souffert aucunes leuées de deniers establis par Arrest du Conseil : Mais au commencement de son regne & pendant sa minorité, le feu Marquis d’Ancre, duquel la memoire a esté condamnée par le Parlement, & doit estre en abomination à toute la France : Cet Italien qui n’auoit aucuns biens de naissancebruslant d’vne conuoitise Italienne, n’a pas seulement sous le credit & faueur de la deffuncte Reyne Marie de Medicis Mere du deffunct Roy & Regente en France, espuisé vne bonne partie des Finances […] » (p. 5).
  5. Les historiens pourraient-ils confirmer la première assertion, celle de cette « ancienne félicité », autrement dit, le c’était mieux avant que nous connaissons aussi ?
  6. « il s’est rencontré que le Cardinal Mazarin, plus fourbe que le deffunct Cardinal, abusant de la confiance que la Reyne prend en luy ; Cet Estranger, que la trahison a esleué à la dignité de Cardinal, & qui nous a esté laissé par le deffunct Cardinal, pour conseruer sa famille en ses biens & honneurs, & acheuer la ruyne de la France » (p. 8)

D_2_20 : Anonyme, GENEALOGIE OU L’EXTRACTION, ET VIE DE IVLLE MAZARIN CARDINAL & MINISTRE D’ESTAT EN FRANCE, M0_1478, 8 p.

C_10_49 : Anonyme, LA VIE, MOEVRS, ET GENEALOGIE DE IVLES MAZARIN, CARDINAL..., M0_4027, 8 p.

  1. VERSUS : Côté cliché, on pourrait citer dans une pièce de 1651 :
  2. À Rome, Mazarin « espargna quelque chose, comme est ordinairement l’humeur des Italiens d’aimer grandement l’argent » (Anonyme, LA PROSPERITÉ MAL-HEVREVSE OV LE PARFAIT ABREGÉ DE L’HISTOIRE DV CARDINAL MAZARIN..., 43 p., M0_2925_C_11_16p. 6)
  3. Mais déjà en 1649 : « ne croyez pas que Mazarin soit le seul qui croit auoir droit de venir querir les richesses des Gaules, i’ay veu venir des trouppes d’Italiens, qui comme de griphons de Schytie, & formis de troglodites disoient franchement parmy eux, qu’ils venoient pour se charger d’or, & [reprendre] l’argent qu’autrefois leurs ayeuls donnerent aux Gaulois, pour oster le siege de deuant le Capitole » (de Mirand, LA ROBBE SANGLANTE DE IVLES MAZARIN…, 12 pages, M0_3554_A_8_66, p. 4) ;
  4. Mazarin donne aux auteurs l’occasion de réactiver et d’historiciser ces clichés, comme, dans la même pièce : « le Cardinal Mazarin retournera à Rome, chargé des despoüilles de toute la France, comme s’il venoit de la conquerir, & de la rendre vne Prouince Romaine » (p. 11).

1651 :

1652 :

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