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Mazarinade n° E_1_120

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Anonyme [1649], LE CENSEVR POLITIQVE. AV TRES-AVGVSTE Parlement de Paris. , françaisRéférence RIM : M0_668. Cote locale : E_1_120.



Car celuy qui pretend s’en rendre possesseur,
Peut chasser par argent tout autre encherisseur.
Et l’authorité mesme exigeant cét hommage,
Le saisi ne peut pas empescher son dommage.
 
 
Ie finirois icy ce discours ennuyeux,
Pource qu’vn autre object vous plairoit beaucoup mieux :
Mais puisque vos bontez à nos maux fauorables,
Veulent bien aujourd’huy nous estre secourables,
Combien que ie presume, à ma honte en effet,
Que tout cét entretien vous a mal satisfait.
Et quoy que vous disiez que ma Muse est trop rude,
Et qu’elle a peu de grace à trencher de la prude.
Elle n’a pû pourtant encor se retenir
Dans le besoin qu’elle a de vous entretenir.
Car vous verrez, Messieurs, examinant ce reste
Que c’est ou le desordre est le plus manifeste.
Et que par des abus fomentez par Edit,
L’homme de bonne foy voit perir son credit,
Que mesme en cét Edit on trouue vne ouuerture
D’enfraindre & d’abolir les Loix de la Nature.
Ne refusez donc pas encor l’attention
Que vous requiert, Messieurs, mon humble affection,
Et puisque vous auez pris tant de patience,
Donnez aux oppressez encor vne audience.
Ce sont des debiteurs, tous gens de bonne foy,
Assujettis à tort aux rigueurs d’vne Loy.
Qui quatre mois passez ne payans pas au terme,
Ordonne qu’en prison, helas ! on les enferme.
C’est quand des creanciers ignorans ou malins,
Se preualent en vain de l’Edit de Moulins.
Edit qu’on n’a voulu receuoir en Guyenne,
Pour ne renuerser pas la coustume ancienne.
Edit que le Normand bien sage a rebuté,
Apres ses incidens auoir bien discuté.
Voyant qu’au bon credit c’estoit couper la gorge,
Et mettre les pourceaux à l’abandon dans l’orge