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Mazarinade n° C_7_2

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Anonyme [1649], LA DECADANCE DES MAVVAIS MINISTRES D’ESTAT, ET LES FRVICTS QV’ILS ONT RECEVS POVR LEVRS SALAIRES. Dediée aux Amateurs de la Paix. , françaisRéférence RIM : M0_865. Cote locale : C_7_2.


vers son precipice, & s’il fait encore du bruit en son cours, c’est qu’il
est dans le panchant de sa ruyne : le Mazarin n’est pas ingrat enuers
son Bien-faicteur comme on l’en vouloit blasmer n’agueres ; toutes
ses actions tournent à la gloire d’Armand de Richelieu ; aussi c’est vn
sang corrompu qui ne peut gaster celuy qu’vne plus pure & plus noble
extraction auoit fait naistre pour le Ministere ; L’vn fut fils d’vn
Cheualier du S. Esprit, vray François, & qui en a tousiours eu les sentimens ;
l’autre fils d’vn marchant banqueroutier, mauuais suiet de
son Prince le Roy d’Espagne, & que le fils c’estoit tousiours efforcé
de desseruir au temps de sa mauuaise fortune, comme il a faict son
cher bien-faicteur le Pape Vrbain VIII. & encore plus son successeur
Innocent, mais qui auiourd’huy a faict passer pres de
deux millions en son païs, tasche pour trouuer vn azile a ses crimes
de luy rendre quelque notable seruice ainsi qu’il paroist par le traicté
de paix qu’il veut faire conclurre au plus grand des-auantage que la
France pourroit receuoir si mesme elle auoit perdu vingt batailles.
 
Si le Cardinal Duc fut blasmable pour les deniers & subsides
qu’il leua dans l’estat a la foule & la ruine des peuples, au moins il en
acrut la monarchie, il rendit le Roy son maistre redoutable aux nations
les plus esloignées, il en fit subsister nos armées, il en fit viure
les gens de lettres tous les gens de sçauoir estoient ses pensionnaires
& peu auoient l’vsage d’escrire qui ne fussent obligez a soubscrire ses
loüanges.
Mais cette harpie estrangere n’a iamais eu en bonne odeur ny les
Sciences, ny les Arts, & bien loing de restaurer vne autre Sorbonne
comme a fait son predecesseur, il n’a iamais trauaillé qu’à l’establissement
de quelques ioüeurs de marrionnettes, le diuertissement des
faineans.
L’ambition d’Armand n’est pas moins blasmable que celle de
Iules, mais l’vne fut tousiours accompagnée de munificence & de liberalité,
l’autre tousiours d’auarice & de bassesse.
Toutes les vertus sont aymables, mais elles ne profitent pas à tout
le monde, quelques vnes ne seruent qu’à ceux qui les mettent en pratique,
mais la liberalité est auantageuse à ceux mesmes qui ne l’exercent
point.
Chacun ayme les liberaux, parce qu’ils donnent, & tous les craignent,
parce qu’ils sont puissans en grand nombre d’amis.
Ce mauuais Ministre pour déguiser son auarice d’vne fausse iustification,
publie qu’il s’est contenté de peu de Benefices, sans auoir


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