[retour à un affichage normal]

Accueil > recherche > Affichage d'une occurrence en contexte

Mazarinade n° D_2_38

Image de la page

M. L. [signé] [1650], LETTRE OV EXHORTATION d’vn Particulier A MONSIEVR LE MARESCHAL DE TVRENNE, Pour l’obliger à mettre bas les armes. , françaisRéférence RIM : M0_2249. Cote locale : D_2_38.


de mon inclination, si ie ne puis iustifier vos intentions, faire
mes efforts pour vous en distraire en les condamnant,
puis qu’aussi bien ie serois coupable de les approuuer.
 
Qui donc vous a mis les armes à la main sans les ordres
de vostre Prince ? ne sçauez vous pas bien que vous ne les
pouuez receuoir que de luy ? que celles que vous prenez
auiourd’huy sont estrangeres, puis qu’il ne vous les a pas
données, & que vous en seruant sans son congé vous vous
rendez l’ennemy de l’Estat. Ne me dittes pas que c’est la
cause publique qui vous arme, les armes que vous portez
ne sont point publiques, elles sont particulieres puis qu’elles
ne viennent pas de la main du Roy. Aussi le public vous
desaduouë, & par son esclattant & son solemnel desadueu,
vostre audace confonduë ne vous va laisser que la honte,
l’opprobre, & peut-estre encores le supplice pour fruicts
de ces illegitimes projets. Qui vous fait mesler de vouloir
estre le senseur dans cette Monarchie, & de reformer vn
Estat duquel vous n’estes que simple Sujet ? Quelle sorte
de gratification nous voulez vous faire, & quel bien deuons
nous attendre de l’imprudence de vos conseils, si
mesmes pour arrhes de la douceur de vos promesses vous
commancez par la ruine de nos freres, & par la desolation
de nos voisins ? Ie ne pense donc pas que vous voulussiez
me nommer la cause publique pour le veritable objet de
vostre armement. Qu’est-ce donc qui en est la cause ? est-ce
quelque interest particulier qui vous pousse ? puis qu’il
est trop seur que vous nous estes plus contraire que fauoble,
est-ce pour vous seul que vous entreprenez ? voulez-vous
butiner dans le trouble & dans le desordre que vous
voulez faire, & vostre souleuement est-il le dessein d’vn
cœur auare & ambitieux.
Si c’est là vostre but, ie vous plains d’auoir de si vaines
visées & de vous flatter d’vn si foible espoir. Pensez-vous
seul executer vos entreprises, ou vous imaginez-vous qu’au
gré de vostre phantaisie les hommes deuiennent vos esclauent
& vous seruent aueuglement ? c’est vne ridicule manie,