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Mazarinade n° A_3_28

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Anonyme [1649], L’ENTRETIEN SECRET DE MESSIEVRS DE LA COVR DE S. GERMAIN, AVEC MESSIEVRS DE LA COVR DE PARLEMENT DE PARIS. , français, latinRéférence RIM : M0_1244. Cote locale : A_3_28.


dont elle est le reietton ? Mais ne la void-on pas déia ? mais
ne la sent-on pas ? Car qui sçait si le Schisme dans l’Estat, n’est
point desia vn de ses ouurages, puisque pour l’ordinaire la diuision
dans la Police Ciuile, suit inseparablement celle de la Religion,
comme l’ombre suit le corps ? N’est-ce donc point assez
d’auoir esté affligez de contagion, de pestes, de famines, & de
guerres depuis tant d’années, sans estre encor accablez de ce
fleau du Iansenisme, qui est peut-estre le pire de tous ? Et qui
peut-estre nous produira les mesmes fruicts d’orgueil & d’opiniastreté,
que toutes les Heresies ont accoustumé de produire.
Et cependant, Messieurs, qu’auez vous fait, ou que faites-vous
pour le destourner ? Comment iugera-on si vous l’approuuez, ou
si vous ne l’approuuez-pas, quand on verra que vous gardez le
silence sur vn fait de telle consequence ? Et si vous l’approuuez,
qui le reprouuera ? Mais les affaires de la Religion ne sont point
de vostre ressort ; elles regardent l’Eglise & les Prelats. Il est
vray, mais s’il arriuoit que l’Eglise & les Prelats fussent desia
diuisez en cette cause, par les partys differens qui se sont formez,
ou s’ils n’estoient point assez puissans, ou assez courageux, ou
assez zelez, ou d’assez bonne intelligence pour l’entreprendre :
Ne seroit-il pas bien seant à vostre autorité de fortifier la leur, de
l’exciter, & mesme de l’appliquer, plustost que de laisser couuer
cét œuf de Basilic, qui peut-estre perdra la France, si la France
ne le perd ? Ou pour le moins ne pouuez-vous pas renuoyer la
discussion de cette nouuelle Doctrine, au iugement de la Sorbonne,
afin qu’il en soit puis apres determiné selon sa decision,
auec deffense de la plus retaster à l’aduenir, sur les peines que
vous iugerez à propos d’infliger ?
 
Quand les Theophiles, les Vannins, les Rugeris & tant d’autres
ont voulu dogmatiser, cõme le nombre des broüillons ne
manque iamais ; qui les a peu reprimer, que l’autorité des Parlemens,
& notamment du vostre, qui a tant d’auantage sur tous les
autres ? Faut-il attendre que le mal soit sans remede, pour penser
à le l’y apporter, lors qu’on ne le pourra plus, lors que le
poison sera plus fort que l’antidote ? Quel moyen, Messieurs,
d’accorder tout cela auec vostre Iustice, auec vostre autorité,
auec vostre zele, & auec cette integrité incorruptible que nous
voulons reuerer en vous ? Quel moyen d’accorder tous ces procedez,
auec la parfaite connoissance que vous auez de ces Oracles


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